28 mars 2008

JUSTE BRUNE

Juste Brune

Pas vraiment sculpteur

Inapte à réaliser ton portrait,

Celui du chat, pas la moindre rosace,

Aucune technique, pas d’école boule

Pas d’école tout court.

Juste l’envie d’gratter, d’frotter,

Torturer d’la matière,

La faire parler, vous parler,

M’causer , m’chercher,

Séduire vous et moi.

Pas vraiment un Artiste

Et puis c’est quoi ça ?

Faut savoir causer pour ça !

De rien, en dire n’importe quoi

Donner un sens à ce qui n’en a pas

J’ai pas été à c’t’école

J’ai pas les mots

Juste les maux

Les maux d’une vie

Dans laquelle y en a plusieurs

Où y a trop d’morts aussi

Alors j’gratte, j’frotte

J’torture d’la matière

Pour oublier, se souvenir

Séduire vous et moi

De toutes ces vies qui s’emberlifiquotent

Ni Sculpteur, ni Artiste

Par ignorance,

Ça n’a pas d’importance

J’suis juste Brune

Trois fois papa

Epoux séropo

Toxico pas l’choix

Pas d’quoi faire un show

Alors j’gratte, j’frotte

J’torture d’la matière

Pour donner un sens ou non sens

A toutes ces vies et non vies

Trouver sa place, laisser une trace

C’est pas un pari

Juste une nouvelle vie, cent fois détruite

Et juste reconstruite avec sa bite et son couteau

Pour y croire encore un pt’it peu

Séduire vous et moi…

Encore…

Alors j’gratte, j’frotte

J’torture d’la matière

Là où tout n’est qu’escroquerie, manipulation

Là où l’humain ne l’est pas

J’m’enferme dans mon atelier

Comme on l’fait avec ses erreurs, certitudes,

L’héro, ou sa p’tite culture judéocrétine

Et même si à chacun sa peine,

J’ai pas fini d’gueuler, d’fumer d’l’artifice,

D’boire du rouge, d’manger d’la blanche,

D’chier cette trithérapie, d’pleurer les amis

Et les années d’perdues

D’faire avec ou sans

D’faire semblant, pour de vrai

Alors j’gratte, j’frotte, j’torture d’la matière

J’aurais pu t’raconter des histoires

Des shoots bien gores

D’l’amour que j’lui porte encore,

Du manque d’la cambriole

D’la prison à l’H.P

D’la manche à la déchéance

Mais à quoi bon t’faire peur

Alors j’gratte, j’frotte, j’torture d’la matière

A la fois charmante et troublante

D’l’amour à la compassion

Ce sang contaminé a jeté un voile sur ma vie

Un Tchador sur mon sort d’où perce encore

Un regard mystérieusement

Inquiétant, puis séduisant, pour encore,

Voir plus loin, voir demain, le ch’min

Qui s’ouvre à moi

Alors j’gratte, j’frotte, j’t…

Posté par bruno rene à 15:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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